
Grâce Bizon Wataa
2010 - 2013 & 2013 - 2016
Fédération Congolaise de Slam & Poésie — de la première scène ouverte de Pointe-Noire à la structuration nationale du mouvement slam.
Congo : le slam, de l'étincelle à la flamme
Il y a des histoires qui commencent sans bruit.
Une rencontre. Une émission de radio. Un nom prononcé au détour d'une conversation. Quelques textes griffonnés sur des feuilles. Et puis, sans que personne ne le sache encore, une étincelle vient de prendre.
L'histoire du slam au Congo est de celles-là.
Elle commence au milieu des années 2000, à Pointe-Noire, dans cette ville tournée vers l'Atlantique où les vents semblent parfois porter les voix plus loin qu'on ne l'imagine.
L'étincelle
En 2006, Kay-Rô, DEM et Grâce BABISSET se retrouvent autour du rap et fondent le groupe BHA N'DL BANG. Peu après, Otété les rejoint.
Mais quelque chose d'autre est déjà en train de naître.
En février 2007, Grâce BABISSET découvre le slam par l'intermédiaire de son grand frère, Séverin DISSOUSSOU SAMBA, dit Ya Thep. Celui-ci lui parle d'abord d'une émission diffusée sur RFI, consacrée à quelques artistes slameurs. Puis il prononce un nom qui va laisser une empreinte : Régis MIKANOU, connu sous le nom d'Abd Al Malik.
Grâce découvre alors une poésie qui ne demande ni décor ni musique pour exister. Une poésie qui se tient debout, portée par la voix, le souffle et les mots.
Il commence à écrire.
Dans cette aventure, il est épaulé par un autre grand frère, Rodrigue KOMBILA MAVOUNGOU, dit Ya Tick. Peu à peu, les textes deviennent des voix, les voix deviennent un mouvement.
En mars 2007, avec Otété, ils fondent DIVEHO SLAM, premier collectif de slameurs du pays.
Personne ne sait encore jusqu'où cette petite flamme ira.
La première scène
À Pointe-Noire, à la suite du Printemps des poètes, organisé en mars 2007 au Centre Culturel Français, une rumeur circule : une compétition de slam aurait été annoncée.
Le collectif décide d'en avoir le cœur net.
Ils rencontrent Simon Jamelin, responsable des activités culturelles du CCF. Il dément l'existence du concours.
Mais il découvre, dans le même temps, quelque chose de plus inattendu : un collectif de jeunes qui écrit, qui croit en ses textes et qui veut faire entendre cette nouvelle poésie.
Il leur demande alors de lui apporter dix textes.
Ils les apportent.
Simon Jamelin est séduit par leur profondeur, leur pertinence et surtout par cette envie presque naïve, mais terriblement forte, de faire exister quelque chose qui n'existe pas encore.
Une date est arrêtée.
Samedi 23 juin 2007.
À l'occasion de la Fête de la musique, le Centre Culturel Français de Pointe-Noire ouvre ses portes à ce qui deviendra la première scène slam du Congo.
Au micro, Otété, dit le Roi de Mikubu, assure le rôle de maître de cérémonie.
Ce soir-là, quelque chose bascule.
Le public découvre le slam.
Et le slam découvre son public.
La scène devient le lieu d'une rencontre entre des mots qui cherchent leur chemin et des oreilles prêtes à les recevoir. La nouveauté fascine. La poésie surprend. La parole prend une autre allure.
Le slam venait de trouver sa première grande scène au Congo.
De la scène à la transmission
Le succès de cette première rencontre donne envie d'aller plus loin.
Quelques membres du collectif retournent voir Simon Jamelin avec une nouvelle idée : faire venir un formateur pour apprendre à organiser des scènes slam, mais aussi transmettre l'écriture et la prise de parole dans les écoles, avec en ligne de mire un éventuel concours.
Le 19 octobre 2007, la formation tant attendue commence.
Elle est conduite par Loïc Bonimare, slameur et formateur venu de Lille, en France.
Pendant près de deux mois, le collectif apprend, expérimente et transmet déjà. À leurs côtés, vingt-deux autres participants, pour la plupart rappeurs, chanteurs, conteurs, dessinateurs, écrivains et poètes.
Le slam ne se contente plus d'être une scène.
Il devient un savoir qui se partage.
Le samedi 10 novembre 2007, à l'occasion de la réouverture officielle du CCF de Pointe-Noire, une deuxième scène est ouverte au public.
La flamme commence à prendre.
Styl'Oblique : donner un nom au mouvement
Le 26 novembre 2007, une nouvelle étape est franchie.
L'Association Atelier du Styl'Oblique Congo, en sigle AASOC, voit officiellement le jour, conformément à la loi du 1er juillet 1901 et au décret du 16 août 1901 relatifs aux associations à caractère culturel.
Apolitique et laïque, l'association se donne pour mission d'encourager, à travers les ateliers d'écriture et l'organisation de scènes slam-poésie, la liberté d'expression, la prise de parole en public et l'amélioration de l'expression.
Le 23 décembre, Yannick Sadissa dessine le logo de l'AASOC.
Le mouvement se structure.
Autour de Grâce Babisset, coordonnateur, se mettent en place :
Otété (Claude Bolissa), coordonnateur adjoint ;
Sédric Osmel (Mambouana Olivier), secrétaire général ;
DEM Stève Pambou, chargé de la communication ;
Kay-Rô (Roland Kaya), trésorier ;
Fabien Obhet, chargé de la logistique.
La sortie officielle de l'Association Atelier du Styl'Oblique-Congo marque une nouvelle page de cette histoire, avant la rentrée solennelle du bureau exécutif, le 5 janvier 2008.
Le slam n'est désormais plus seulement une poignée de voix.
Il a un nom, une organisation, une vision.
Quand la flamme embrase Brazzaville
En mai 2008, le bureau exécutif porte un nouveau projet : ouvrir une antenne de l'AASOC à Brazzaville.
L'idée est accueillie favorablement par Erice Gérard Miclet, directeur du CCF de Pointe-Noire, qui transmet l'intention à son homologue de Brazzaville.
La mission est confiée à Gilles Evrard Douta.
Avec un courrier en main, il se rend à Brazzaville pour solliciter un espace où les slameurs pourraient se réunir au sein de l'établissement.
La mission est accomplie.
Et en septembre 2008, l'AASOC organise le premier Café Slam à l'IFC de Brazzaville.
La flamme venait de traverser le fleuve.
Deux villes, une même voix
En 2009, Pointe-Noire et Brazzaville se retrouvent à l'IFC de Brazzaville pour une grande scène de slam.
Le mouvement s'étend.
Styl'Oblique s'installe à Brazzaville avec Improdeus comme coordonnateur.
Ce qui avait commencé quelques années plus tôt par une rencontre, quelques textes et une poignée de passionnés est désormais devenu un mouvement qui circule, qui rassemble et qui transmet.
Des voix nouvelles apparaissent.
Des scènes naissent.
Des ateliers se multiplient.
Le slam quitte peu à peu les cercles de quelques initiés pour aller vers les écoles, les centres culturels, les quartiers et les espaces de création.
L'étincelle est devenue flamme.
Et la flamme, depuis, n'a jamais cessé de chercher de l'air.
Une histoire qui continue
L'histoire du slam au Congo ne se résume pas à des dates, des noms ou des premières scènes.
Elle est faite de rencontres.
De grands frères qui transmettent un nom.
De jeunes qui prennent une feuille et commencent à écrire.
De salles qui acceptent d'ouvrir leurs portes.
De personnes qui croient en une idée avant même que cette idée ait un nom.
Elle est faite de celles et ceux qui ont écrit avant nous, de celles et ceux qui ont tenu les premiers micros, organisé les premières scènes, animé les premiers ateliers, accompagné les premiers pas.
Et surtout, elle est faite d'une conviction simple : la parole peut changer une vie lorsqu'on lui donne un espace pour résonner.
Le slam congolais est né d'une étincelle.
Des femmes et des hommes l'ont protégée de leurs mains, l'ont nourrie de leurs textes, de leurs voix et de leur courage.
Aujourd'hui, la flamme est entre les mains d'une nouvelle génération.
À elle de la faire grandir.
À elle d'en faire une lumière.
Mais une flamme ne grandit jamais seule.
Elle se nourrit de ce qui l'a précédée et de ce qui vient après. Le slam n'est pas une affaire de générations qui se remplacent, mais de générations qui se rencontrent. Les anciens veillent, transmettent, ouvrent des chemins ; les nouveaux arrivent avec leurs propres voix, leurs propres rêves et de nouvelles manières de dire le monde.
Il n'y a pas d'hier contre aujourd'hui, ni d'aujourd'hui sans hier. Il y a une même histoire qui continue de s'écrire, sous le regard de celles et ceux qui ont allumé les premières étincelles, et avec l'énergie de celles et ceux qui portent désormais la flamme plus loin.
Car sans les premiers, rien n'aurait commencé. Et sans les suivants, rien ne continuerait.
De l’étincelle des premiers collectifs à la scène internationale
L’Histoire de la FECOSLAM
De l’étincelle des premiers collectifs à la scène internationale
Il y a des histoires qui commencent par une grande décision. Et puis il y a celles qui naissent presque naturellement, au détour d’une conversation, lorsque quelques passionnés comprennent qu’un mouvement qu’ils ont fait naître est devenu trop grand pour rester sans maison.
L’histoire de la Fédération Congolaise de Slam et de Poésie ( la FECOSLAM ) appartient à cette deuxième catégorie.
Aux origines : quand le slam commence à prendre racine
À la fin des années 2000, le slam commence à faire son chemin. Les premiers collectifs apparaissent. Le mouvement investit progressivement les écoles, les scènes culturelles et quelques stations de radio. Le slam n’est plus seulement une pratique artistique confidentielle : il commence à devenir un véritable mouvement.
C’est dans ce contexte que Monsieur Lembissa, père de Grâce Lembissa et de Taty Outaliane, s’approche de plusieurs slameurs, parmi lesquels Bizon, et leur pose une question qui va changer le cours de l’histoire :
« Le mouvement a bien pris. Pourquoi ne créeriez-vous pas une fédération pour avoir plus d’impact au niveau national ? »
La question est simple. Mais elle ouvre une porte immense.
Nous sommes en 2010.
2010 : la naissance d’une fédération
À cette époque, Bizon est déjà président du Bureau des études au sein de l’école La Martinière. À ses côtés, son vice-président, Kassongo Kayembe, alors membre du Bureau des étudiants, va contribuer à poser les premières pierres de ce qui deviendra la Fédération Congolaise de Slam et de Poésie.
Autour d’eux se constitue une première équipe.
Sir Akouan prend la fonction de secrétaire général.
Fleury assure la trésorerie.
La fédération est née.
Mais une fédération ne vit pas seulement de son existence administrative. Elle doit faire la preuve de son utilité, rassembler, organiser et surtout donner au mouvement une véritable visibilité nationale.
C’est alors qu’arrive le premier grand rendez-vous.
Le premier concours national
La jeune fédération organise son premier concours : le Concours Slam Francophonie.
Pour cette première édition, un nom entre dans l’histoire : Arigue Atice Atypo, premier champion national.
L’aventure prend rapidement de l’ampleur. Le concours bénéficie du soutien de Nestlé, qui accompagne également l’organisation du premier Slam interscolaire.
Le slam commence alors à sortir des cercles habituels pour aller à la rencontre d’un public plus large, notamment dans les établissements scolaires.
Une nouvelle génération découvre la scène, la poésie et la possibilité de prendre la parole autrement.
C’est également dans cette période qu’apparaît une figure importante de l’histoire du mouvement : Beti Kassongo, sœur du vice-président de l’époque, qui compte parmi les premières femmes slameuses du mouvement avec Grâce Lembissa, Robinson Solo, Aurore Boréal Pangopo…
Du mouvement national à la scène mondiale
Le slam national devient progressivement plus qu’un concours.
Il devient une porte vers le monde.
À cette époque, Kay Rô, présent en France, explique à Pilote le Hot qu’au Congo aussi, le slam existe et qu’il serait important que le pays puisse participer aux grandes compétitions internationales.
Cette démarche rejoint celle menée au pays par Bizon et son équipe, qui œuvrent déjà pour faire reconnaître le slam congolais au-delà de ses frontières.
C’est ainsi que le Congo commence à prendre sa place dans l’aventure internationale du slam.
Les champions nationaux deviennent les ambassadeurs d’un mouvement qui, quelques années auparavant, n’était encore qu’une poignée de passionnés réunis autour d’une même conviction.
Mais d’où vient le nom FECOSLAM ?
Le nom lui-même porte une petite part de cette histoire.
C’est Osmel qui propose le nom FECOSLAM.
L’inspiration vient de la FECOTEN, la Fédération Congolaise de Tennis. Le principe est simple : donner au slam une appellation fédératrice, reconnaissable et capable de porter le mouvement à l’échelle nationale.
C’est dans cette dynamique que Gilles Douta prendra part à la première compétition nationale de slam et devint champion .
Le nom est trouvé.
La fédération commence à prendre une identité.
2013 : une nouvelle équipe, une nouvelle étape
Avec le temps, plusieurs membres du premier bureau quittent leurs fonctions. Certains poursuivent leurs études, d’autres entrent dans la vie professionnelle ou sont rattrapés par d’autres responsabilités.
Le mouvement, lui, doit continuer.
Le bureau est donc recomposé.
Nous sommes en 2013.
Une nouvelle équipe prend le relais :
- Otete, vice-président ;
- Osmel, secrétaire général ;
- Fabien Obéh, chargé de la logistique ;
- Prince Bawa, chargé de la communication.
Cette période marque également une étape importante : la FECOSLAM est enregistrée à la préfecture.
Le mouvement se structure davantage. Il ne s’agit plus seulement d’une initiative portée par quelques passionnés : une organisation prend forme, avec une identité, une continuité et une ambition nationale.
Des champions pour porter les couleurs du pays
Au fil des années, la FECOSLAM joue pleinement son rôle dans la promotion et la structuration du slam.
Les compétitions nationales permettent de faire émerger plusieurs générations de champions.
Ces artistes portent ensuite les couleurs du Congo sur les grandes scènes internationales, notamment à la Coupe du monde de slam et à la Coupe d’Afrique.
Parmi les moments forts de cette histoire figurent notamment Jorath, finaliste du Mondial, et Aris Slam, sacré champion d’Afrique.
Ces performances ne sont pas seulement des victoires individuelles.
Elles racontent l’évolution d’un mouvement.
Elles témoignent du chemin parcouru depuis les premiers collectifs, les premières scènes scolaires et les premières discussions autour de la nécessité de créer une fédération.
Les champions nationaux : une histoire qui se transmet
Au fil des années, le championnat national de slam est devenu l’un des marqueurs importants de l’histoire de la FECOSLAM. D’une génération à l’autre, des artistes se sont succédé sur la scène nationale, portant chacun à leur manière la voix du slam congolais et inscrivant leur nom dans la mémoire du mouvement.
- Gilles : 2012 et 2013
Premier champion à s’imposer sur deux éditions consécutives, Gilles marque les débuts de cette nouvelle tradition compétitive et ouvre la voie à une génération de champions.
- Prodige : 2014
Il poursuit cette dynamique et confirme l’émergence d’une scène slam de plus en plus structurée.
- Black Panther : 2015
Son sacre vient inscrire une nouvelle page dans cette histoire et témoigne de la diversité des profils qui ont contribué à faire grandir la discipline.
- Guer2mo : vendredi 9 mars 2018
L’engagement et l’activisme au service de la culture slam, mais surtout au service de l’humanité. Ce fut la preuve qu’on pouvait être profondément engagé, porter une cause et faire de la culture un véritable levier de transformation sociale. Une présence, une énergie et une conviction qui ont contribué à écrire une page importante de notre histoire.
- Zou : 13 janvier 2023, pour l’édition 2022
Après plusieurs années marquées par des évolutions et des périodes de transition, Zou remporte l’édition 2022, dont la finale se tient en janvier 2023.
- Jorath : 2023
Une nouvelle génération prend le relais et confirme la continuité du championnat national.
- Aris Slam : 2024
Son sacre prolonge cette histoire et inscrit une nouvelle voix parmi celles qui ont porté le slam national.
- Cupidon : 2025
Dernier champion de cette chronologie, Cupidon représente la génération actuelle et participe à l’écriture du nouveau chapitre de l’histoire du slam congolais.
Cette succession de champions raconte bien plus qu’un palmarès. Elle témoigne de la transmission entre les générations, de l’évolution du mouvement et de la capacité du slam à se renouveler sans renier ceux qui l’ont précédé. Chaque champion devient ainsi un maillon d’une même chaîne : celle d’une histoire collective qui continue de s’écrire, avec de nouvelles voix, de nouveaux visages et de nouveaux horizons.
Une histoire qui ne s’arrête pas
L’histoire de la FECOSLAM n’est donc pas seulement celle d’une fédération.
C’est l’histoire d’un mouvement qui a commencé avec quelques voix, quelques scènes et une poignée de passionnés.
C’est l’histoire de femmes et d’hommes qui ont compris qu’un art pouvait devenir une force collective.
C’est l’histoire de ceux qui ont organisé les premiers concours, cherché des partenaires, ouvert les portes des écoles, défendu la présence du slam dans les compétitions internationales et accompagné plusieurs générations d’artistes.
De Bizon à Kayembe, de Sir Akouan à Fleury, d’Osmel à Otete, Obéh et Prince Bawa, jusqu’aux nombreux artistes qui ont porté la voix du mouvement sur les scènes nationales et internationales, chacun a laissé une empreinte.
La FECOSLAM s’est construite par strates, par transmissions et par générations.
Elle est née d’une étincelle.
Puis l’étincelle est devenue une flamme.
Et cette flamme continue de brûler.
L’histoire de la FECOSLAM reste en écriture.
Les présidents qui ont écrit l’histoire de la FECOSLAM
Au fil de son histoire, la FECOSLAM a connu plusieurs présidences. Chacune a incarné une époque, une vision et une étape particulière dans la construction du mouvement.
Bizon et son équipe à la fondateur
Premier président de la fédération, Bizon fait partie de ceux qui ont posé les premières pierres de l’organisation en 2010. Avec son équipe, il participe à la structuration des premières compétitions et à l’installation du slam dans un cadre fédéral. Son mandat correspond aux premières années de construction, lorsque l’enjeu était avant tout de donner au mouvement une existence et une portée nationales.
Perse de Noble : La continuité
Après les premières années de fondation, Perse de Noble prend à son tour la responsabilité de la fédération. Sa présidence s’inscrit dans la continuité du travail engagé par les pionniers et participe à maintenir vivant l’idéal fédérateur autour du slam et de la poésie.
Aristote Moukoko : Une nouvelle étape
La présidence d’Aristote Moukoko marque une autre période dans l’évolution de la FECOSLAM. Sous son mandat, la fédération poursuit son développement et continue d’accompagner les compétitions nationales ainsi que la représentation du slam congolais sur les scènes internationales. Son passage à la tête de l’institution constitue une nouvelle page de cette histoire collective.
William Rabbouni : Remettre le slam à l’endroit
En 2026, William Rabbouni est élu à la présidence de la FECOSLAM. Son arrivée ouvre une nouvelle séquence de l’histoire fédérale, portée par une ambition de modernisation, de professionnalisation, de valorisation et de rayonnement du slam et de la poésie.
Son projet s’inscrit dans une conviction : une fédération ne doit pas seulement organiser des compétitions, mais construire un véritable écosystème capable d’accompagner les artistes, de structurer les acteurs, de développer les territoires et de donner au slam les moyens de son ambition.
De
Bizon à William Rabbouni, en passant par Perse de Noble et Aristote Moukoko, quatre présidences, quatre périodes et quatre empreintes composent ainsi une même histoire.
Car une fédération ne se résume jamais à celui qui la dirige aujourd’hui.
Elle est la somme de tous ceux qui, hier, ont accepté d’en porter la responsabilité et de transmettre le flambeau à la génération suivante.
Président de la FECOSLAM

Là où la parole s'élève, quelque chose commence.
Il faut parfois une voix pour réveiller un silence, une phrase pour déplacer une frontière, un souffle pour rappeler à chacun qu'il a quelque chose à dire.
La poésie naît souvent là où l'on ne l'attend pas : dans le bruit d'une cour d'école, au détour d'une rue, dans la mémoire d'un ancien, sous les lumières chaudes qui ornent l'ombre d'un bar de quartier, dans le regard d'un enfant, dans les blessures d'une génération ou dans les rêves de ceux qui refusent de renoncer.
Le slam est de cette matière-là.
Il est debout. Il est vivant. Il écoute le monde et lui répond. Il porte nos joies, nos colères, nos espérances et nos histoires. Il traverse les âges, l'espace et les frontières pour rappeler une chose essentielle : nous avons tous une histoire à raconter et une place à prendre dans le récit collectif.
C'est dans cet esprit que la FECOSLAM avance.
Non pas seulement pour faire vivre une discipline, mais pour faire grandir un mouvement. Pour créer des espaces où l'on se rencontre, où l'on transmet, où l'on apprend à écouter autant qu'à s'exprimer. Pour que la création trouve sa place, que les talents puissent éclore et que notre patrimoine vivant continue de se réinventer.
Nous voulons une Fédération ouverte sur son époque et fidèle à ses racines. Une Fédération qui rassemble plutôt qu'elle ne sépare, qui construit plutôt qu'elle ne promet, qui transmet plutôt qu'elle ne conserve.
Car la culture n'est pas un souvenir que l'on range.
Elle est une flamme que chaque génération reçoit, protège et transmet à la suivante.
À celles et ceux qui écrivent, déclament, enseignent, apprennent, accompagnent, chantent, créent ou simplement écoutent, nous disons : cette histoire est aussi la vôtre.
Et à toutes celles et tous ceux qui font vibrer la création, sur une scène ou loin des projecteurs, nous tendons la main. Musiciens, comédiens, danseurs, conteurs, peintres, photographes, cinéastes, performeurs, créateurs de tous horizons : venez avec vos couleurs, vos disciplines, vos imaginaires et vos différences.
La FECOSLAM est une maison pour la parole, mais surtout un espace pour celles et ceux qui veulent encore croire que l'art peut rapprocher les êtres, éveiller les consciences et ouvrir des chemins.
Notre responsabilité est grande.
Notre ambition l'est davantage.
Le progrès qui dure naît rarement du confort. Il naît du combat, des batailles que l'on ne remporte véritablement que par la force du nombre et la capacité à avancer ensemble.
Je connais les égos. Je sais aussi que le retrait, le relâchement et l'entre-soi sont souvent les chemins les plus faciles, surtout après une frustration, une déception ou un sentiment d'injustice. Mais la maturité du guerrier et de la guerrière, tout comme l'âme véritable du leader, consiste à comprendre que c'est souvent dans la crise que naissent les grandes révolutions.
Se replier sur soi ne sert qu'à soi et ne mène jamais bien loin. Nous avons donc infiniment plus à gagner à nous rassembler qu'à nous diviser.
L'égoïsme et le refus de partager se cachent parfois derrière de beaux prétextes, derrière des injustices que l'on estime avoir subies. Mais l'Histoire, elle, finit toujours par distinguer ceux qui ont choisi de dépasser leurs blessures personnelles pour se rassembler au service d'une cause plus grande qu'eux.
Alors, venons. Rassemblons-nous. Échangeons, plaidons, construisons.
Personne n'est de trop. Chaque voix compte, chaque expérience a sa place, chaque main peut contribuer à bâtir quelque chose de plus grand que nous.
Parce qu'au fond, une cause ne grandit jamais par ceux qui se retirent, mais par ceux qui, malgré les blessures et les divergences, choisissent encore de revenir pour construire ensemble.
Remettre le slam à l'endroit.
Pour que la parole retrouve sa force.
Pour que la poésie retrouve sa place.
Et pour que demain puisse enfin s'écrire avec toutes nos voix.
William Rabbouni
Président de la Fédération Congolaise de Slam & Poésie
DES MOTS NAISSENT LES MONDES.
Quatre mandats, une même exigence : donner au slam congolais un cadre digne de sa vitalité.

2010 - 2013 & 2013 - 2016

2018 - 2023
Développe le championnat national et les scènes départementales.

2024 - 2026
Ouvre la fédération à l'international et aux Mondiaux de slam.

2026 - aujourd'hui
Structure la formation, l'archivage et la professionnalisation.
William Rabbouni
Président
Merveille Ngassaki
Vice-présidente
Prince Bakala
Secrétaire général
Grâce Oyandzi
Trésorière
Sagesse Mabiala
Chargé des compétitions
Divine Loubaki
Chargée de la formation
Rodrigue Ibata
Chargé de la communication
Fresnel Ondongo
Chargé des relations internationales